Emily MATON – Cheffe de projet environnement – SEGED Environnement

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Spécialiste de la coordination environnementale, Emily MATON, cheffe de projet au sein de SEGED Environnement accompagne les grands chantiers d’infrastructures, notamment ceux de la RCEA, en veillant au respect des exigences réglementaires et à la bonne mise en œuvre des mesures environnementales. De l’analyse des dossiers en phase conception aux visites hebdomadaires sur le terrain, en passant par l’examen des offres et le suivi des engagements liés à la biodiversité, à l’eau ou aux sols, elle assure un rôle clé d’interface entre le maître d’ouvrage, les maîtres d’œuvre et les  entreprises.

Rencontre avec une professionnelle investie, qui œuvre chaque jour pour concilier aménagement du territoire et préservation des milieux naturels.

>Pouvez-vous nous présenter votre formation et le parcours qui vous a menée à votre métier aujourd’hui ?

J’ai suivi un premier master spécialisé en qualité, sécurité et environnement (QSE), qui m’a permis d’occuper un poste de chargée de QSE au début de ma carrière. J’ai ensuite complété mon parcours par un second master davantage axé sur l’environnement. Ces deux formations, associées à mon expérience professionnelle, m’ont permis d’intégrer le bureau d’études SEGED Environnement en tant que coordinatrice environnement. Au fil des projets et des responsabilités, j’évolue aujourd’hui au poste de chef de projet. Mon métier combine à la fois une présence régulière sur le terrain et un travail plus analytique au bureau, notamment sur la rédaction, l’analyse de documents et la gestion de projets.

>Quelles sont vos principales missions sur les chantiers d’infrastructure routière ?

Sur les chantiers, j’interviens principalement en assistance à maîtrise d’ouvrage sur le volet environnemental. Concrètement, mes missions consistent à analyser la cohérence des projets et à vérifier leur conformité avec la réglementation générale et spécifique, notamment les arrêtés liés à la loi sur l’eau ou les dérogations relatives aux espèces protégées.

J’interviens également lors de la phase de consultation des entreprises pour analyser les offres des candidats sur leur approche environnementale. Une fois l’entreprise titulaire désignée, j’étudie l’ensemble de la documentation environnementale qu’elle produit.

Enfin, je réalise des visites de chantier régulières afin de vérifier que les exigences réglementaires sont bien respectées dans la mise en œuvre des travaux.

>En quoi vos interventions sont -elles essentielles au bon déroulement d’un chantier ?

Notre rôle est de garantir que l’entreprise en charge des travaux applique les bonnes pratiques environnementales et respecte strictement la réglementation. Nous intervenons de manière hebdomadaire, ce qui permet d’assurer un suivi régulier, d’identifier rapidement les éventuels écarts et surtout d’anticiper les mesures correctives à mettre en œuvre. Cette présence constante facilite le dialogue avec les entreprises et permet d’éviter que des situations problématiques ne s’installent.

>Quel est votre rôle sur le projet de la RCEA ?

Sur la RCEA, nos missions sont particulièrement étendues. Nous intervenons à tous les stades des projets. En amont, lors de la finalisation de la conception, nous vérifions la conformité du projet au regard des autorisations environnementales obtenues. Nous intervenons ensuite au moment de la consultation des entreprises pour analyser leur approche environnementale. Une fois la documentation validée, les travaux peuvent démarrer, et nous assurons alors le suivi environnemental tout au long du chantier. Nous nous assurons que les zones sensibles (mares, zones humides, cours d’eau) sont correctement mises en défens avec une signalétique adaptée. Nous veillons au respect strict des emprises travaux afin d’éviter toute divagation d’engins. Nous contrôlons les zones de stockage, notamment pour les produits chimiques, afin de prévenir tout risque de pollution. La gestion des déchets est un autre volet important : nous nous assurons que les dispositifs de tri et de collecte sont suffisants et que les déchets sont évacués vers des filières adaptées. Enfin, nous travaillons aussi sur les espèces végétales envahissantes. Un repérage est effectué au démarrage des travaux, avec balisage et signalétique. L’objectif est d’intervenir rapidement, notamment par arrachage, afin d’éviter toute propagation sur la zone de chantier.

>Aujourd’hui, vous intervenez régulièrement sur l’opération Clermain Sainte-Cécile. Quels sont les enjeux environnementaux particuliers sur ce chantier ?

Les enjeux sont multiples. Sur le secteur Clermain – Sainte-Cécile, une zone humide a été préservée et mise en défens dès l’attribution du marché, avant même le début des travaux. Une mare a également été recréée afin de permettre le déplacement des amphibiens et la reconstitution de leur habitat. La présence du cours d’eau de la Grosne constitue également un enjeu majeur. La traversée d’un cours d’eau par un chantier routier implique une vigilance constante pour éviter tout impact sur le milieu aquatique.

>Comment organisez-vous vos équipes sur des chantiers d’une telle ampleur ?

Une personne est dédiée au projet RCEA du début à la fin, afin d’assurer une continuité dans le suivi. Selon les besoins, d’autres experts peuvent intervenir ponctuellement. Par exemple, des écologues ont été mobilisés pour réaliser des pêches de sauvegarde. Cette organisation permet d’adapter nos compétences aux enjeux spécifiques rencontrés.

>Les chantiers de la RCEA sont-ils pour vous des chantiers structurants ?

Oui, bien sûr.  Nous avons mené plusieurs opérations en simultané sur la RCEA. Ce sont des projets d’envergure, complexes, avec de nombreux enjeux à la fois structurants pour notre entreprise mais aussi pour le territoire.

>En parallèle des chantiers, avez-vous d’autres missions ?

Mon activité ne se limite pas au suivi de chantier. J’interviens également sur des missions de diagnostic produits, équipements, matériaux et déchets (PMED), sur la rédaction et l’analyse de documents techniques, ainsi que sur des réponses à appels d’offres. Je pilote aussi des missions liées à la biodiversité dans une logique de gestion de projet. Cette diversité fait la richesse du métier : on alterne entre terrain, analyse réglementaire et pilotage stratégique.